juin 6, 2017

qu’est-ce que la Gestalt?

La Gestalt-thérapie (tiré de psychologies.com et de Wikipédia)

Inventée par Fritz Perls, la Gestalt-thérapie est une des psychothérapies du courant humaniste les plus répandues. Elle aide à avoir une vision globale de soi-même pour mieux comprendre comment on fonctionne.

La Gestalt-thérapie, parfois appelée Gestalt, est à la fois une approche thérapeutique, un corpus de concepts et un ensemble de pratiques visant un changement personnel, psychosocial et organisationnel.

  • Cette approche thérapeutique est centrée sur l’interaction constante de l’être humain avec son environnement. Elle s’intéresse à la manière dont cette interaction prend forme et tente de mettre du mouvement lorsque cette forme est figée et répétitive. En effet, le terme allemand « Gestalt » se traduit par « forme », au sens de « prendre forme », « s’organiser », « se construire ».
  • Le corpus de concepts s’organise autour de la notion de contact vue comme un processus. La personne en tant qu’organisme est en contact avec l’environnement et aucun organisme ne subsiste sans échange avec l’environnement. La théorie de la Gestalt-thérapie permet de modéliser ce processus en s’appuyant sur une philosophie phénoménologique et pragmatique.
  • Cette vision des interactions et l’intégration des concepts s’actualisent dans un ensemble de pratiques d’accompagnement des personnes, des groupes et des organisations. L’accent est mis sur l’expérience subjective et la prise en compte de ce qui se passe dans la situation présente

La méthode

Le tout est supérieur à l’ensemble des parties… Cette petite phrase aujourd’hui célèbre est le générique de toutes les thérapies dites « holistiques » (du grec holos, le « tout »), dont la Gestalt fait partie. Son principe : si vous négligez un seul élément de votre vie, de votre comportement, de votre passé, de votre psychisme ou de votre corps, vous ne pouvez aboutir au mieux-être et à la guérison.

Pour y parvenir, il faut donc découvrir sa propre unité, sa propre structure interne et avoir une vision d’ensemble de soi-même. C’est ce que le psychanalyste allemand Fritz Perls a résumé par « Gestalt », du verbe gestalten, « mettre en forme, donner une structure signifiante ». Autrement dit, dans cette méthode, chaque élément travaillé – par exemple, la façon dont on s’exprime face à autrui – est toujours replacé dans son contexte global, mis en relation avec les autres éléments de notre personnalité. Le but : reprendre contact avec soi-même.

La Gestalt fait partie de la famille des thérapies psychocorporelles mais utilise souvent le jeu, la mise en scène des difficultés. Cet aspect ludique permet de comprendre l’origine de nos difficultés et d’expérimenter des pistes de solutions nouvelles. Elle se pratique dans des contextes et avec des objectifs très divers : en psychothérapie individuelle, en couple, en famille, en groupe, en entreprise.

Historique

Fils d’un négociant du ghetto juif de Berlin, Friedrich Perls (dit Fritz) a déjà en poche son doctorat en médecine lorsqu’il entame sa première psychanalyse (il en fera trois autres dont la dernière avec Wilhelm Reich, le précurseur de la bioénergie), avant de fuir l’Allemagne nazie pour s’installer en Afrique du Sud. En 1942, devenu un psychanalyste de renom, il publie son premier ouvrage, qui critique et révise les théories de Freud, et amorce la rupture avec ses collègues et la communauté psychanalytique internationale.

Pour être en accord avec lui-même, il abandonne sa riche clientèle et sa vie confortable, afin d’émigrer aux Etats-Unis, en 1946. Il mène outre-Atlantique une vie de bohème, fréquentant les intellectuels de la nouvelle vague. Marginal, Perls ne se plie guère aux conventions sociales et exprime toujours spontanément et directement ce qu’il ressent. Cela ne plaît pas à tout le monde mais il ne fait aucune concession : il expérimente ainsi, en lui-même, l’expression directe, l’une des clefs de sa méthode. En 1951, il publie “Gestalt Therapy”. Un flop total. Mais il persiste, enseignant sa méthode dans tout le pays. Celle-ci est demeurée néanmoins assez confidentielle jusqu’à ce que le magazine “Life” publie, en 1968, la photo de Perls en couverture, titrant ainsi : « Voici un homme qui vit dans l’authenticité absolue et incarne ce qu’il professe ! » 

A une époque où l’on recherchait de nouvelles valeurs, la chose était assez rare pour être signalée… Le public afflue alors à ses stages, et la Gestalt-thérapie sort de l’ombre. Il peut enfin réaliser son rêve : fonder une sorte de kibboutz où chacun peut « vivre la Gestalt 24 heures sur 24 ». Le projet voit le jour sur l’île de Vancouver. Perls meurt deux ans plus tard.

Déroulement d’une séance

Un Gestalt-praticien est intervenant et actif, mais jamais directif. Il recourt à diverses techniques, verbales ou non.  Le thérapeute partage délibérément une partie de son ressenti afin d’aider le client à explorer sa difficulté.

Une des attitudes fondamentales du gestaltiste, sur le plan relationnel-professionnel, est son implication. Cela, eu égard à ce que le client/patient vit, certes, mais aussi, simultanément, à ce qu’il perçoit de lui-même en tant que thérapeute: ses propres émotions, sentiments et besoins du moment. Ainsi, durant l’entretien, veille-t-il à rester particulièrement attentif aux manifestations corporelles, affectives et aux faits sensibles indiquant chez son client – comme chez lui-même – qu’il se passe toujours quelque chose de plus que l’entretien proprement dit. (Le tout est plus que la somme de ses parties). En ce sens, la gestalt-thérapie se présente comme une approche phénoménologique de la relation.

La Gestalt-thérapie propose une méthodologie qui met au centre de sa pratique l’expérience vécue dans le contact entre l’organisme et l’environnement, soit entre soi et le monde, entre soi et autrui. Le Gestalt-thérapeute se centre sur le processus plus que sur le contenu, c’est-à-dire le “comment” plutôt que sur le “pourquoi”.

Le Gestalt-thérapeute ne se positionne pas comme un expert qui délivre son savoir à son patient. Il invite celui-ci à « déplier »,  ce qui est présent, là, dans les « plis ». Il s’agit d’ouvrir ces plis et c’est cette ouverture qui permet l’émergence de nouveaux éléments à la conscience.

Différentes orientations ou styles se distinguent chez les Gestalt thérapeutes. Ces styles ne s’excluent pas l’un l’autre et bien souvent se complètent et s’enrichissent dans la pratique.

L’expérimentation : Afin de favoriser des expériences nouvelles et permettre au patient d’utiliser son potentiel créateur, le Gestalt-thérapeute peut proposer des expérimentations (jeux, exercices, support d’expression, psychodrame, monodrame, chaise vide). Le cadre des groupes de thérapie est particulièrement propice à ces expérimentations. Dans une situation sécuritaire de haute intensité, l’assimilation de la nouvelle expérience est possible.

L’expérience corporelle : Pour éveiller ou développer la conscience corporelle, l’attention se porte sur les sensations et mouvements du corps qui émergent au cours de la rencontre thérapeutique. L’idée est d’observer, de souligner et éventuellement d’amplifier les sensations, les manifestations corporelles et leurs fluctuations pour les conscientiser (kinesthésie) et leur donner du sens. C

La dimension existentielle : le Gestalt thérapeute accorde une importance particulière aux angoisses existentielles incontournables et inhérentes à la condition humaine, suscitées par la confrontation de l’homme à sa finitude, sa responsabilité, son incomplétude, sa solitude et le sens de son existence. Le cheminement thérapeutique ne vise pas à éviter l’angoisse mais à la traverser, le moment de crise étant considéré comme mobilisateur de changement. La psychothérapie gestaltiste des relations d’objet (PGRO) : Le scénario « reproduction, reconnaissance, réparation » invite à envisager le déroulement de l’expérience présente comme essentiellement empreinte de ou des expériences passées ; ainsi, le patient est considéré comme venant projeter à la surface de la rencontre avec le thérapeute les résidus de ses expériences relationnelles encore en souffrance ou non résolues. A travers le « dialogue herméneutique », le Gestalt thérapeute et le patient vont explorer cette histoire, faisant des liens entre le passé et le présent, attentif à la reproduction des scénarios obsolètes dans l’actualité de la relation thérapeutique et de la vie ; ceci afin de dénouer ce qui est pathologique et le transformer.